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Série VF : Jimi Hendrix - la légende du Voodoo Child

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Jimi Hendrix

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Pour les articles homonymes, voir Hendrix (homonymie).
Jimi Hendrix
Statue de Jimi Hendrix Ă  Seattle.

Nom James Marshall Hendrix
Naissance 27 novembre 1942, Seattle, État de Washington
Pays d’origine Seattle, États-Unis
Décès 18 septembre 1970
Londres, Grande-Bretagne
Genre(s) Rock psychédélique
Blues rock
Acid rock
Hard rock
AnnĂ©es actives 1966-1970
Site internet jimihendrix.com

James Marshall Hendrix, plus connu sous le nom de Jimi Hendrix (nĂ© Johnny Allen Hendrix le 27 novembre 1942 Ă  Seattle et dĂ©cĂ©dĂ© le 18 septembre 1970 Ă  Londres) Ă©tait un guitariste, chanteur et compositeur amĂ©ricain. Il est considĂ©rĂ© comme l'un des musiciens les plus novateurs du XXe siècle, notamment en raison de son approche rĂ©volutionnaire de la guitare Ă©lectrique et des techniques d'enregistrement en studio.

Improvisateur sortant des sentiers battus, il libère son instrument de ses contraintes en utilisant les ressources nĂ©es de l'amplification et donne Ă  la guitare Ă©lectrique moderne ses lettres de noblesse. Son influence dĂ©passe largement le cadre de la musique rock : la plupart des styles musicaux qui se dĂ©veloppèrent dans les annĂ©es 1970 reprirent certains Ă©lĂ©ments de sa musique. Miles Davis joua ainsi un jazz Ă©lectrique très marquĂ© par le guitariste.[1]

Sommaire

[modifier] Sa jeunesse

Originaire de Seattle, ville importante sur le plan musical.
Originaire de Seattle, ville importante sur le plan musical.

James Marshall Hendrix naît le 27 novembre 1942 à Seattle (État de Washington). Il est le premier fils de Al Hendrix et de Lucille Hendrix, née Jeter. Al Hendrix ne rencontre son fils que trois ans plus tard car il doit faire face à ses obligations militaires. Incapable d'assumer l'éducation de son fils, sa mère ne s'en occupe pas. Démobilisé, Al Hendrix récupère Johnny Allen, qu'il rebaptise James Marshall (peut-être parce que l'amant de Lucille s'appelait John Williams) et propose à Lucille de s'installer ensemble. Lucille donne naissance à Leon Hendrix en 1948.[2] Le couple s'entend très mal, ne cesse de se disputer et finit par divorcer le 17 décembre 1951.[3]

Il est profondément affecté par les conditions de pauvreté et la négligence dans lesquelles il a grandi, mais aussi les troubles familiaux qu'il a vécus dans son enfance, le divorce de ses parents lorsqu'il avait 9 ans, et surtout le décès de sa mère, alcoolique, en février 1958. Hendrix est battu à maintes reprises par son père, Al Hendrix, qui souffrait lui aussi de graves problèmes d'alcool.

Le fait que James Marshall Hendrix ait vécu son enfance à Seattle explique peut-être la facilité avec laquelle il a réussi à transgresser les diverses barrières raciales ou culturelles. En effet, il a vécu dans un quartier où les échanges entre communautés étaient constants. Certes il y avait de la ségrégation, mais dans des proportions infiniment moindres que dans le sud.[4]

Son premier instrument de musique est un harmonica offert par son père pour ses 4 ans, mais il s'en lassera vite. Il acquiert alors sa première guitare Ă  15 ans (une acoustique d'occasion Ă  5 $), remplaçant avantageusement l'ukulĂ©lĂ© Ă  une seule corde que son père lui avait donnĂ© après l'avoir surpris en train de jouer avec un balai ![5] Dès lors, il apprend la guitare en autodidacte en y consacrant tout son temps libre. Ses rĂ©sultats scolaires s'en ressentent rapidement, mais Hendrix a dĂ©sormais une obsession : devenir musicien.[6] Assez rapidement, le jeune Jimmy (pas encore Jimi) rejoint son premier groupe, The Velvetones. Il se procure sa première guitare Ă©lectrique, une Supro Ozark 1560S, qu'il utilise avec son groupe suivant The Rocking Kings.[7]

En 1961, mêlé à une histoire de voiture volée[8], Hendrix préfère s'enrôler dans l'armée américaine plutôt que de risquer la prison. En novembre 1962, il obtient le droit de porter l'écusson des Screaming Eagles, la division parachutiste de la 101e troupe aéroportée. Affecté à Fort Campbell, Kentucky, Hendrix forme The King Casuals avec Billy Cox à la basse.[9] Hendrix raconte par la suite qu'il a été réformé en raison d'une blessure consécutive à un saut en parachute, mais il y a controverse sur ce point.[10]

[modifier] Sa carrière

[modifier] Les premières années

Hendrix travaille comme guitariste sous le nom de Jimmy James dans divers groupes de rhythm and blues qui tournent dans ce qu'on appelle alors le Chitlin' Circuit (le circuit des clubs fréquentés par les afro-américains). Il enregistre à l'occasion en tant que musicien de session[11].

Fin 1965, Hendrix a joué avec certains musiciens de renom tels que Sam Cooke, Ike & Tina Turner[12], les Isley Brothers et surtout Little Richard. Ce dernier estime que Jimmy se met trop en avant et décide de se passer de ses services.[13]

En 1965, Hendrix rejoint Curtis Knight & The Squires, un groupe new-yorkais sans grande envergure. Le 15 octobre 1965, Hendrix signe un contrat d'enregistrement de trois ans avec un producteur nommé Ed Chalpin, pour seulement 1 $ et 1% de royalties des ventes des enregistrements effectués avec Curtis Knight. Sans incidence sur le coup, ce contrat a des conséquences désastreuses par la suite.[14]

InstallĂ© Ă  Greenwich Village, Hendrix dĂ©cide de jouer sa propre musique et devient le leader de Jimmy James & The Blue Flames. Randy California, futur membre de Spirit, est guitariste au sein de ce groupe. Il n'existe aucun enregistrement amateur de ce groupe. Le tĂ©moignage de Mike Bloomfield permet toutefois de se faire une idĂ©e de la façon dont Hendrix joue en 1966 : « La première fois que j'ai vu Jimi jouer, c'Ă©tait avec Jimmy James & The Blue Flames. Je jouais avec Paul Butterfield et je pensais ĂŞtre le meilleur guitariste du coin ! Je n'avais jamais entendu parler d'Hendrix. Alors quelqu'un m'a dit : "Tu devrais aller Ă©couter le guitariste de John Hammond." J'Ă©tais au "Cafe au Go Go" et il Ă©tait au "Nite Owl" ou au "Cafe Wha", j'ai traversĂ© la rue et je l'ai vu. Hendrix savait qui j'Ă©tais, et ce jour lĂ , en face de moi, il m'a dĂ©sintĂ©grĂ©. Des bombes H dĂ©gringolaient, des missiles tĂ©lĂ©guidĂ©s volaient dans tous les coins - je ne te raconte pas les sons qui sortaient de sa guitare. Tous les sons que je devais l'entendre reproduire plus tard, il les a faits, dans cette pièce, avec une Strat, un Twin, une Maestro Fuzz-Tone, et c'est tout - il jouait Ă  un volume très poussĂ©. Â»[15]

RepĂ©rĂ© au Cafe Wha par Chas Chandler[16], celui-ci propose Ă  Hendrix de venir se faire connaĂ®tre et d'enregistrer son premier single au Royaume-Uni, alors en pleine effervescence musicale avec des groupes comme les Beatles et les Rolling Stones. Jimi Hendrix aurait acceptĂ© Ă  condition de rencontrer celui qui apparaĂ®t comme la rĂ©fĂ©rence britannique de l'Ă©poque Ă  la guitare : Eric Clapton. Sur le chemin, il adopte alors dĂ©finitivement le nom de Jimi Hendrix (au lieu de Jimmy) sur les conseils de son manager.[17]

Il rencontre pour la première fois Clapton lors d'un concert de Cream (le trio qu'il venait de crĂ©er avec Ginger Baker et Jack Bruce) le premier octobre 1966 au Central London Polytechnic. ConsidĂ©rĂ© comme le meilleur guitariste de blues anglais depuis son passage chez John Mayall, Eric Clapton accepte que Jimi Hendrix les rejoigne sur scène (malgrĂ© la rĂ©ticence de Ginger Baker). Dans son autobiographie, Clapton raconte comment Jimi Hendrix a alors interprĂ©tĂ© le Killing Floor de Howlin' Wolf : « Il a jouĂ© de la guitare avec les dents, derrière la tĂŞte, allongĂ© par terre, en faisant le grand Ă©cart et d'autres figures. C'Ă©tait stupĂ©fiant et gĂ©nial musicalement, pas uniquement un vrai feu d'artifice Ă  contempler. (...) Je pris peur, car, juste au moment oĂą on commençait Ă  trouver notre vitesse de croisière, voilĂ  qu'arrivait un vrai gĂ©nie. Â»[18]

[modifier] The Jimi Hendrix Experience

Peu de temps après son arrivée à Londres, des auditions sont organisées pour trouver les musiciens qui l'accompagneraient. Il recrute dans un premier temps Noel Redding qui postulait pourtant comme guitariste - il ne jouait pas encore de basse alors - au sein des Animals, l'ancien groupe de Chas Chandler. Peut-être inspiré par Cream, Hendrix décide d'opter pour un trio et s'adjoint les services de Mitch Mitchell. Selon John Hiseman (le futur batteur de Colosseum), Mitchell était à ce stade inconnu du cercle des jazzmen de Londres. Amateur d'Elvin Jones & Max Roach, il officiait auparavant dans un groupe où il n'avait aucune liberté.[17]

ImpressionnĂ© par Hendrix qu'il rencontre dans un club londonien, Johnny Hallyday lui propose de roder son nouveau groupe en faisant sa première partie lors des 4 dates suivantes[19] : le 13 octobre 1966 Ă  Évreux[20], le 14 Ă  Nancy, le 15 Ă  Villerupt et surtout le 18 Ă  l'Olympia (Paris). Cette dernière date est importante : Europe 1 proposait alors une Ă©mission appelĂ©e Musicorama dont l'Ă©quipe a enregistrĂ© professionnellement la courte performance du Jimi Hendrix Experience.[21]

16 dĂ©cembre 1966 : Hey Joe marque les dĂ©buts discographiques du Jimi Hendrix Experience. Le single entre dans les charts anglais le 5 janvier 1967[22], et monte mĂŞme jusqu'Ă  la 6e place. La plupart des biographes s'accordent sur l'intĂ©rĂŞt que Chas Chandler, le manager de l'Experience, manifestait pour ce titre avant mĂŞme de dĂ©couvrir Jimi Hendrix. C'est donc sans surprise que le choix s'est portĂ© sur la composition de Billy Roberts, que Jimi jouait dĂ©jĂ  au Cafe Wha avec les Blue Flames.[17]

Le 26 dĂ©cembre, Hendrix compose Purple Haze dans les coulisses d'un club[22], Chas Chandler comprend aussitĂ´t que l'Experience tient lĂ  un tube en puissance. Et les faits lui donnent rapidement raison : publiĂ© le 17 mars 1967 en Angleterre, le titre rentre dans les charts dès le 23 mars et culmine mĂŞme Ă  la troisième place. Au-delĂ  du succès commercial, Purple Haze est avant tout une rĂ©ussite artistique majeure : Hendrix n'est pas seulement le meilleur instrumentiste de la musique rock, il est aussi un compositeur original dont les conceptions sont rĂ©volutionnaires.[23] Hendrix n'a pourtant ni l'inventivitĂ© mĂ©lodique des Beatles, ni la maĂ®trise harmonique de John Coltrane, mais dès son deuxième single, il crĂ©e un univers musical dĂ©passant ses influences, univers dont la singularitĂ© est renforcĂ©e par sa maĂ®trise du studio et des effets. Purple Haze ne ressemble Ă  rien de ce qui a Ă©tĂ© fait auparavant : l'Experience peut vĂ©ritablement commencer.

Le troisième single du Jimi Hendrix Experience, The Wind Cries Mary, a Ă©tĂ© enregistrĂ© le mĂŞme jour que le basic track de Purple Haze. En seulement 20 minutes selon Chas Chandler[24] : la rĂ©alitĂ© est sans doute un peu diffĂ©rente (enregistrer le basic track, le solo et le chant en aussi peu de temps relèverait de l'exploit...), mais il n'en demeure pas moins que ce single est typique de la production de Chas Chandler, et de son mode opĂ©ratoire : travailler vite et bien.[17] Musicalement, The Wind Cries Mary tranche singulièrement avec les deux premiers singles : c'est une ballade minimaliste, oĂą se fondent les influences de Bob Dylan et de Curtis Mayfield.

Le premier album du groupe, Are You Experienced, sort le 5 mai 1967. Véritable pierre angulaire de la guitare électrique, il partage les instrumentistes entre anciens et modernes. Considéré comme l'un des meilleurs disques de rock par la critique, il constitue non seulement la base du répertoire de l’Experience, mais aussi du trio Hendrix/Cox/Mitchell. Une prise inédite de I Don't Live Today[25] montre que le guitariste se dirigeait vers une musique plus audacieuse encore, que la production de Chandler a sans doute limité, conscient que les plages trop libres étaient autrement moins vendeuses.

Le 4 juin 1967, Hendrix interprète au Saville Theatre de Londres une version du morceau titre de Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, le nouvel album des Beatles publié seulement trois jours auparavant. Paul McCartney et George Harrison, présents dans l'assistance, sont impressionnés par la performance, même si le reste du concert est entaché de problèmes d'ordre technique.[17]

C'est sur les bons conseils de Paul McCartney que les organisateurs du Monterey International Pop Festival ont invité le Jimi Hendrix Experience, alors au sommet de sa popularité en Angleterre.[26]

Leur performance du 18 juin 1967 est historique : de virtuellement inconnu aux États-Unis, le groupe est rapidement devenu culte dans les cercles rock, Ă  dĂ©faut d'ĂŞtre vĂ©ritablement connu du grand public.[17] ImmortalisĂ©e par le film de D. A. Pennebaker, la rĂ©putation de showman de Jimi Hendrix Ă©tait faite pour les annĂ©es Ă  venir. Pour le meilleur et pour le pire. Car si Monterey est certainement l'un des meilleurs concerts de rock de tous les temps, Jimi Hendrix dĂ©grade son image auprès des musiciens "sĂ©rieux" qui le prennent pour un frimeur (mĂŞme si un Miles Davis ne s’arrĂŞte pas Ă  ça[27]), mais aussi vis-Ă -vis du public qui attend de lui plus souvent un show qu’une performance strictement musicale. Une image particulière reste dans les mĂ©moires : le moment oĂą il sacrifie sa Stratocaster en l'immolant par le feu avant de la fracasser sur le sol.

Le groupe enregistre ensuite The Burning Of The Midnight Lamp, son single suivant, avant d'assurer la première partie des Monkeys lors de sa tournée américaine de l'été 1967, suite à une très mauvaise appréciation des publics respectifs des deux groupes par Mike Jeffery, l'autre manager de l'Experience. Le groupe ne remplit toutefois pas ses obligations contractuelles et quitte la tournée avant son terme en prétextant la plainte des Daughters of the American Revolution, une ligue de morale, selon laquelle Hendrix serait trop érotique pour les jeunes fans des Monkeys.[28]

Après une sĂ©rie de concerts, le groupe enregistre Ă  Londres de nouvelles compositions qui donnent la matière du deuxième album du groupe, Axis: Bold as Love, publiĂ© en dĂ©cembre 1967. C'est un album très diffĂ©rent de l'opus prĂ©cĂ©dent : Hendrix se concentre ici sur ses talents de guitariste rythmique et d'auteur-compositeur. L'influence de la production de Chas Chandler est encore très prĂ©sente; la plupart des titres ne dĂ©passent pas les trois minutes.[22]

Dans la foulĂ©e, Hendrix enregistre Ă  Londres une reprise du All Along the Watchtower de Bob Dylan. Après une tournĂ©e amĂ©ricaine, Hendrix dĂ©cide de continuer l'enregistrement de son troisième album au Record Plant, Ă  New York. Hendrix tire profit au maximum des progrès technologiques de l’époque : Electric Ladyland est enregitrĂ© sur un 16 pistes, laissant Ă  son crĂ©ateur une libertĂ© orchestrale alors inespĂ©rĂ©e.[22]

Hendrix, peu conventionnel dans sa manière de travailler, convie qui veut bien venir en studio … oĂą les ingĂ©nieurs du son doivent presque s’excuser de prendre leur place.[22] Lors de l'enregistrement de Gypsy Eyes, Chas Chandler jette l’éponge : Hendrix est dĂ©sormais son propre producteur.[22] Cet enregistrement marque aussi une nette dĂ©tĂ©rioration des rapports qu'il entretient avec Noel Redding, son bassiste. Ce dernier se plaint du peu de place que son leader lui laisse au sein du groupe, mais aussi de la tournure que prennent les sessions, oĂą Hendrix ne semble jamais satisfait des prises qu'il enregistre. Noel Redding ne joue d'ailleurs que sur quelques titres du dernier album de l'Experience.[17]

Hendrix ne se limite pas aux seuls membres de l'Experience et multiplie les rencontres avec des musiciens rĂ©putĂ©s (Steve Winwood, Chris Wood, Buddy Miles, Jack Casady et Al Kooper) qui se joignent Ă  lui sur des compositions variĂ©es et d'une rare richesse : Voodoo Chile et 1983 ... (A Merman I Should Turn To Be) figurent parmi les Ĺ“uvres les plus ambitieuses de sa carrière.[22] Electric Ladyland est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme son chef d'Ĺ“uvre.

Les concerts de l'Experience Ă©voluent au fil des mois : centrĂ©s sur les chansons aux dĂ©buts du groupe[29], ils sont dĂ©sormais le théâtre de longues improvisations dĂ©passant souvent les 10 minutes.[30] Les rapports au sein du groupe continuent de se dĂ©tĂ©riorer et les sessions d'enregistrement suivantes ne donnent plus que de longues jams informelles plutĂ´t que des compositions achevĂ©es publiables sur un disque de rock.[22]

Le 3 mai 1969, le Jimi Hendrix Experience arrive Ă  9 heures et demi Ă  l'aĂ©roport international de Pearson Ă  Toronto (Ontario). Les douanes canadiennes trouvent dans l'un des sacs du guitariste des substances illicites : il est aussitĂ´t arrĂŞtĂ© puis emmenĂ© au siège de la police dans le centre-ville de Toronto. Il est libĂ©rĂ© contre une caution de 10 000 dollars en espèces et doit comparaĂ®tre devant le tribunal de Toronto le 5 mai. Les consĂ©quences de cet incident sont dĂ©sastreuses : Hendrix vivra avec la crainte d'un emprisonnement jusqu'Ă  la fin de l'annĂ©e 1969.[31]

Après une ultime tournée américaine au printemps 1969, le groupe se sépare après sa performance de Denver, le 29 juin 1969.[32]

[modifier] Gypsy Sun & Rainbows

DĂ©but juillet 1969, Jimi Hendrix est invitĂ© Ă  deux Ă©missions importantes : le "Dick Cavett Show" puis le "Tonight Show". Il est accompagnĂ© par Billy Cox lors de la seconde Ă©mission. En fait, cela fait dĂ©jĂ  plusieurs semaines qu'il rĂ©pète et enregistre avec son ancien ami de l'armĂ©e. Dans la perspective d'un nouvel album studio, Hendrix s'installe Ă  la Shokan House, Ă  l'Ă©cart de l'agitation rencontrĂ©e Ă  New York, afin de se concentrer sur son nouveau projet[17] : le Gypsy Sun & Rainbows. En plus de Billy Cox, il rassemble autour de lui Larry Lee Ă  la guitare (qu'il connaĂ®t depuis 1963[33]), Juma Sultan et Jerry Velez aux percussions. Hendrix Ă©tait manifestement intĂ©ressĂ© par l'idĂ©e de jouer avec des percussionnistes : les percussionnistes de Santana ont ainsi participĂ© Ă  la jam du Tinker Street Cinema dĂ©but aoĂ»t 1969.[34]

La musique produite par le groupe se démarque du rock psychédélique de l'Experience, notamment par les formes musicales plus libres que le groupe expérimente. Mitch Mitchell retrouve Hendrix durant l'été et devient le batteur du groupe.

Au mois d'aoĂ»t 1969, Jimi Hendrix est la tĂŞte d'affiche du Festival de Woodstock. C'est donc Ă  lui qu'il revient en principe de le clĂ´turer. MalgrĂ© le retard pris par le festival, le management de Jimi Hendrix refuse de changer l'ordre d'entrĂ©e en scène des groupes. Sans le film, la performance de Jimi Hendrix ne serait certainement pas devenue lĂ©gendaire : le Gypsy Sun & Rainbows n'entre en scène que le matin du lundi 18 aoĂ»t 1969, ce qui explique un public clairsemĂ© lorsqu'il se produit.

Il est primordial de souligner que les mixages des diffĂ©rentes versions audio et vidĂ©o[35] mettent quasiment systĂ©matiquement le trio Hendrix/Cox/Mitchell en avant. Larry Lee est lĂ©gèrement audible. Quant aux deux percussionnistes, ils sont quasi inaudibles d’un bout Ă  l’autre. Juma Sultan regrettera amèrement le mixage power trio du Gypsy Sun & Rainbows, trouvant dommage d'avoir supprimĂ© le foisonnement de percussions qui accompagne Star Spangled Banner...[36] Inversement, John McDermott dĂ©fend que le jeu foisonnant de Mitch Mitchell ne se marie pas bien avec celui des deux percussionnistes. Larry Lee revenait alors du ViĂŞt Nam, et n'Ă©tait certainement pas prĂŞt Ă  un tel Ă©vènement : seul son chant opère convenablement. Les deux titres qu'il chante lors de ce concert n'ont toutefois jamais eu les honneurs d'une publication officielle.

Si les enregistrements pirates[37] de la performance du Gypsy Sun & Rainbows montrent que le groupe n'Ă©tait pas toujours en place, il n'empĂŞche que la seconde partie du concert, portĂ©e Ă  bout de bras par un Hendrix pourtant Ă©puisĂ©[38], reste l'un des plus grands moments d'improvisation de la musique rock. L'interprĂ©tation de l'hymne amĂ©ricain par le guitariste, vĂ©ritable Guernica musical est le point d'orgue du festival. Plus proche ici du free jazz que de la musique rock, son approche de la guitare y est totalement rĂ©volutionnaire. Hendrix devient le premier sculpteur de l'histoire de la musique, taillant littĂ©ralement dans le bloc sonore. D'autres guitaristes avaient utilisĂ© le vibrato ou le feedback (comme Jeff Beck au sein des Yardbirds) avant lui. Mais il est le premier Ă  avoir construit un langage inĂ©dit reprenant toutes ces techniques comme vocabulaire. Le passage central montre une vision musicale allant largement au-delĂ  de genres Ă©tablis comme le blues ou le rock : cris, bombes, Hendrix plonge avec sa musique dans l'univers de ses contemporains. Sa maĂ®trise du feedback sur les ultimes notes montre sa capacitĂ© Ă  travailler en temps rĂ©el sur le bloc sonore (diversitĂ© des choix et rĂ©activitĂ© instantanĂ©e). Avec Star Spangled Banner, Hendrix cristallise toute l'ambiguĂŻtĂ© de l'intervention militaire des États-Unis au Vietnam.

Le groupe se sépare après quelques séances en studio peu productives (aucun album ne sera tiré de ces séances) et deux autres concerts début septembre. Mitch Mitchell[39] et Billy Cox[22] s'accordent sur le fait que le groupe ne progressait pas musicalement.

[modifier] Band Of Gypsys

Pour la Saint-Sylvestre 1969, au Fillmore East de New York, c'est avec une nouvelle formation que Jimi Hendrix se produit. Le Band of Gypsys est un trio entièrement afro-amĂ©ricain composĂ© de Billy Cox et du batteur Buddy Miles. Jimi Hendrix y dĂ©voile une sensibilitĂ© plus funk et, en l'espace de deux journĂ©es, (le 31 dĂ©cembre 1969 et le 1er janvier 1970), livre quatre concerts. Un album Live, Band of Gypsys, en est tirĂ© : ce sera le dernier publiĂ© de son vivant.

Peu d'albums ont fait l'objet d'autant de controverses que ce dernier. En effet, mis à part Machine Gun, unanimement saluée comme étant l'une des œuvres majeures du guitariste, le reste de l'album (et par extension les quatre concerts qui ont donné lieu à ce Live) continue de partager amateurs, critiques et musiciens.

La presse rock a Ă©tĂ© globalement déçue par une Ĺ“uvre qui marquait, selon elle, un recul crĂ©atif vis-Ă -vis du troisième album de l'Experience (via un retour au rhythm and blues), et qui n'aurait pas dĂ» sortir, de l'avis de Jimi Hendrix lui-mĂŞme : « Je n’étais pas trop satisfait de l’album Band Of Gypsys. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je ne l’aurais jamais sorti. Â»[40] L'album est en effet nĂ© de problèmes juridiques et non de la volontĂ© initiale du musicien.

Inversement, beaucoup voient dans le Band Of Gypsys un groupe fondateur jetant les bases de nombreux courants musicaux des annĂ©es 1970 : rock funk (Parliament/Funkadelic), jazz rock (Miles Davis, Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin) etc... Miles Davis note d'ailleurs dans son autobiobraphie[41] que c'est le groupe de Jimi Hendrix qu'il prĂ©fĂ©rait.

Le 28 janvier 1970, lors d'un concert donnĂ© au Madison Square Garden, dans le cadre du Winter Festival For Peace, le Band Of Gypsys doit se produire gratuitement, afin de soutenir des opposants Ă  la guerre du Vietnam. Le groupe monte sur scène vers 3 heures du matin, dans ce qui s'avèrera ĂŞtre leur dernière performance, et peut-ĂŞtre le plus gros fiasco de toute la carrière de Jimi Hendrix. Après avoir introduit les membres de son groupe, alors qu'une jeune femme rĂ©clame Foxy Lady, Hendrix lui rĂ©pond que « Foxy Lady est assise par lĂ , en sous-vĂŞtement jaunes, sales et tachĂ©s de sang. Â» Le groupe se lance alors dans une version particulièrement peu inspirĂ©e de Who Knows. Selon tous les tĂ©moins prĂ©sents ce soir-lĂ , Hendrix n'Ă©tait pas en Ă©tat de monter sur scène. Johnny Winter confiera par la suite que, pour lui, « c'Ă©tait comme s'il Ă©tait dĂ©jĂ  mort. Â»[42] Manifestement, Hendrix n'est pas dans son Ă©tat normal : sur Who Knows, contrairement Ă  son habitude, il ne mĂ©lange pas guitare et chant. La version qui suit de Earth Blues est encore moins convaincante, Hendrix interpelant ainsi le public alors qu'il s'arrĂŞte de jouer : « C'est ce qui arrive lorsque la Terre baise avec l'Espace, n'oubliez jamais ça. VoilĂ  ce qui arrive ! Â»[43] Buddy Miles tenta de calmer le jeu, faisant face Ă  la stupĂ©faction de l'audience en promettant un retour sur scène qui n'arrivera pas : Hendrix dĂ©branche sa Stratocaster et quitte dĂ©finitivement la scène, laissant Ă  Buddy Miles le soin de gĂ©rer la foule...

Aujourd'hui encore, la controverse historique reste entière sur ce qui s'est véritablement passé cette nuit-là au Madison Square Garden. Mike Jeffery profita de l'occasion pour virer sur le champ Buddy Miles... ce dernier accusant le manager d'avoir donné à Hendrix une dose de LSD le rendant dans l'incapacité de jouer. D'autres mettent en cause Devon Wilson, une des petites amies de Hendrix. On ne saura probablement jamais le fin mot de l'histoire.[44]

Lors de son interview du 4 fĂ©vrier 1970, menĂ©e par John Burks pour Rolling Stone (Ă  l'initiative de Mike Jeffery), Hendrix reviendra sur la performance du Madison Square Garden : « C'est comme la fin du commencement ou quelque chose comme ça, je pense que le Madison Square Garden est comme la fin d'un grand long conte de fĂ©es. Ce qui est grand. (...). En ce qui me concerne, le Band Of Gypsys Ă©tait formidable. (...) J'Ă©tais très fatiguĂ©. (...) Â» Il prĂ©cisa ensuite qu'il avait affrontĂ© la plus grande guerre intĂ©rieure de toute sa vie, et que « ce n'Ă©tait pas l'endroit pour le faire. Â»

[modifier] Hendrix/Cox/Mitchell

Le concert donnĂ© le 25 avril 1970 au LA Forum marque le retour de Jimi Hendrix sur le devant de la scène : c'est la première de ce qui s'avèrera son ultime tournĂ©e amĂ©ricaine (le Cry Of Love Tour). Première d'autant plus importante que c'est avec un nouveau groupe que Jimi Hendrix se prĂ©sente : si Billy Cox est toujours Ă  la basse, Mitch Mitchell est de retour derrière les fĂ»ts. Contrairement Ă  ce que l'interview donnĂ©e en fĂ©vrier 1970 Ă  John Burks aurait pu faire croire, Hendrix n'a pas reformĂ© l'Experience avec son line up original. Le nom de cette formation est d'ailleurs toujours sujet Ă  caution : "Jimi Hendrix Experience" selon Billy Cox, "Cry Of Love Band" pour d'autres, Jimi Hendrix semble n'avoir jamais vĂ©ritablement clarifiĂ© ce point.

Cette tournĂ©e marque aussi une reprise en main de sa carrière : Hendrix enregistre en semaine son nouvel album studio et se produit en concert le week end, afin de financer les travaux de construction de l'Electric Lady, son propre studio (Ă  parts Ă©gales avec Mike Jeffery). Le rythme de cette tournĂ©e, autrement plus raisonnable que celui des tournĂ©e US prĂ©cĂ©dentes, n'est pas Ă©tranger Ă  la qualitĂ© tant des sessions studio que des concerts. Les critiques, biographes et journalistes tendent Ă  dĂ©crire cette tournĂ©e dans des termes pour le moins mitigĂ©s... et c'est fort regrettable, car, ainsi que John McDermott le souligne dans Setting The Record Straight, la tournĂ©e amĂ©ricaine de 1970 marque le retour d'une grande crĂ©ativitĂ©.

Selon Billy Cox, Hendrix n'arrĂŞtait pas de setlists prĂ©cises[45]  : il se contentait de prĂ©ciser uniquement les premiers titres qu'ils allaient jouer. Le rĂ©pertoire du groupe est d'ailleurs nettement moins stĂ©rĂ©otypĂ© que celui de l'Experience.

Jimi Hendrix inaugure le 15 juin 1970 son propre studio d'enregistrement à New York, Electric Lady. Selon la plupart des témoignages, Hendrix aborde les séances avec plus de sérieux que par le passé, même si ses sautes d'humeur et sa relation avec Devon Wilson compliquaient parfois leur bon déroulement.[46]

Après des mois de chaos personnel et de doutes artistiques, Hendrix retrouve son inspiration et progresse dans la création de son quatrième album studio. Les sessions comme celles du premier juillet 1970[47] montrent son renouveau artistique. Sa musique est nettement plus rythmique, plus composée. Hendrix l'architecte prend le pas sur Hendrix l'instrumentiste. La guitare sert le discours... et non l'inverse.

Hendrix n'aura toutefois pas le temps de terminer ce quatrième album, dont le matériel sera publié dans un premier temps sur The Cry Of Love, Rainbow Bridge - Original Motion Picture Sound Track (1971), War Heroes (1972) et Loose Ends (1973). Voodoo Soup (1995) et First Rays Of The New Rising Sun (1997) présenteront la vision que les producteurs ultérieurs de Hendrix avaient de cet ultime album.

Afin de financer le studio qu'il vient d'inaugurer officiellement, Hendrix accepte Ă  contrecĹ“ur de se lancer dans ce qui s'avèrera ĂŞtre son ultime tournĂ©e europĂ©enne. Son trio se produit notamment le 30 aoĂ»t au festival de l'Ă®le de Wight, au sud de l'Angleterre. « Pour ĂŞtre franc, c’était un mauvais concert. Je ne peux pas dire si le cĹ“ur de Jimi y Ă©tait. Une chose est certaine, rĂ©trospectivement, c’est que nous aurions vraiment dĂ» rĂ©pĂ©ter une fois. C'est Ă©trange parce que le groupe jouait tellement bien, il Ă©tait rĂ©glĂ© comme une horloge. Ă€ ce stade, nous Ă©tions tous confiants vis-Ă -vis de nos jeux respectifs. Il n’y avait aucune raison que le concert soit peu rĂ©jouissant. Mais le feeling n’était pas au rendez-vous. Â» en dira Mitch Mitchell. [48]

La performance du 2 septembre 1970 (Arhus) est pire encore : Hendrix quitte la scène après seulement quelques titres. Hendrix semble très dĂ©primĂ©, et consomme beaucoup de drogues.[49] Il dĂ©clare dans un entretien que « Je ne suis pas sĂ»r que j’atteindrai 28 ans. Je veux dire qu’au moment oĂą musicalement, je sentirai que je n’ai plus rien Ă  donner, je ne serai plus de ce monde. Â»[50]

La tournĂ©e n'est toutefois pas aussi mauvaise que ces deux Ă©vènements pourraient le laisser penser : les concerts des premier (Gothenburg) et 3 septembre 1970 (Copenhague) sont en effet remarquables.[51]

La santĂ© de Billy Cox oblige toutefois le management du groupe Ă  annuler le reste de la tournĂ©e : le concert donnĂ© Ă  Fehmarn dans le cadre du Love And Peace Festival le 6 septembre 1970 sera le dernier du trio.

Hendrix regagne Londres, et donne son dernier entretien le 11 septembre 1970.

Le 16 septembre 1970 : Hendrix rejoint War, le nouveau groupe d'Eric Burdon, au Ronnie Scott's et joue sur deux titres, qui constituent les ultimes enregistrements amateurs du guitariste.[52]

Le 18 septembre 1970, Hendrix est retrouvé mort au Samarkand Hotel (Londres). Les circonstances exactes de sa mort sont toujours l'objet de controverses, même si la thèse principale selon laquelle il serait mort étouffé par son propre vomi suite à un abus de barbiturique (Vesparax) lié à une prise d'alcool semble être la plus probable.[53]

Il est enterrĂ© Ă  Seattle, sa ville natale, le 1er octobre 1970.

[modifier] Influences

« Pour jouer le Rhythm & Blues, Hendrix Ă©tait de loin le plus grand expert que j'ai pu entendre dans le style de musique dĂ©veloppĂ© par Bobby Womack, Curtis Mayfield et Eric Gale entre autres. J'ai l'impression qu'il n'y avait aucun style de guitare qu'il n'ait soit entendu, soit Ă©tudiĂ©, y compris steel-guitar, guitare hawaĂŻenne et dobro. Dans son jeu on pouvait clairement entendre Curtis Mayfield, Wes Montgomery, Albert King, B.B. King et Muddy Waters. Jimi Ă©tait le plus black des guitaristes. Sa musique Ă©manait des formes musicales les plus anciennes, prĂ©-blues, comme ce qu'on chante pendant le travail de la terre ou les mĂ©lodies gospel. D'après ce que j'ai pu recueillir, il n'y avait pas de genre de musique noire qu'il n'ait Ă©coutĂ© ou Ă©tudiĂ©, mais il aimait surtout les formes anciennes de la musique noire, et ça transpirait de son jeu. On a souvent parlĂ© de Son House et de vieux bluesman, mais ce qui l'Ă©patait, c'Ă©tait les vieux disques de Muddy Waters et John Lee Hooker oĂą la guitare est Ă©normĂ©ment amplifiĂ©e et boostĂ©e par le studio pour lui donner une prĂ©sence qu'elle n'avait pas en rĂ©alitĂ©. Il connaissait ça : on peut entendre tout les trucs de John Lee Hooker et Muddy Waters sur la version longue de Voodoo Chile ("Electric Ladyland"). Je ne l'ai jamais entendu jouer quoi que ce soit qui ressemble Ă  du jazz, mais je l'ai entendu jouer comme Mahavishnu (John McLaughlin). Il cherchait Ă  jouer des mĂ©lodies avec un sustain permanent ; il Ă©tait plongĂ© dans le feedback depuis les Yardbirds et autres groupes anglais. Je crois mĂŞme l'avoir entendu parler de "Beck's Bolero". Â»
    â€” Mike Bloomfield, Hors SĂ©rie Guitare & Claviers 1990

Le blues constitue la base du vocabulaire guitaristique utilisĂ© par Jimi Hendrix. Il reprend les techniques des grands bluesmen qui permettent de dĂ©velopper un jeu expressif, mais aussi leur langage harmonique oĂą l'ambiguĂŻtĂ© majeur/mineur joue un rĂ´le important. Il est difficile d'Ă©tablir une liste exhaustive des guitaristes de blues ayant influencĂ© Hendrix. On peut toutefois se faire une idĂ©e assez prĂ©cise de ses principales influences via les reprises qu'il joua en concert ou en club, mais aussi des entretiens qu'il accorda : Albert King (Born Under A Bad Sign[54]), B.B. King (Rock Me Baby[55]), Elmore James (Bleeding Heart[56]), Hubert Sumlin, le guitariste de Howlin' Wolf (Killing Floor[57]), Freddie King (San-Ho-Zay[58]), Muddy Waters (Hoochie Koochie Man & Catfish Blues[59]), Albert Collins (Drivin' South[60]), mais aussi Buddy Guy, John Lee Hooker ou Robert Johnson. Le 9 octobre 1967 (Ă  l'Olympia), il interpelle ainsi le public : « Avez-vous entendu parler de Muddy Waters ? Et de John Lee Hooker ? Â»[61]

Son style de guitare rythmique tel qu'on peut l'entendre sur Little Wing ou Bold As Love est inspiré, en plus complexe, du style développé par Curtis Mayfield, reconnu par Hendrix comme l'une de ses influences majeures.[17]

Bob Dylan, dont il reprendra plusieurs morceaux (All Along The Watchtower, Like a Rolling Stone, Drifter's Escape et Can You Please Crawl Out Your Window) influencera Hendrix en tant qu'auteur, mais aussi en tant que chanteur : la technique vocale limitĂ©e de ce dernier lui donna confiance en ses propres moyens.[17]

Hendrix est aussi influencĂ© par le rock anglais. D'une part il reprit le Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles Ă  plusieurs reprises, mais il poussa plus loin des idĂ©es dĂ©veloppĂ©es sur l'album Revolver publiĂ© en 1966 : certaines bandes sont passĂ©e Ă  l'envers sur Tomorrow Never Knows, dont Hendrix reprendra le thème[62] en concert. Le titre Are You Experienced reprend ce type de procĂ©dĂ©, de façon plus poussĂ©e encore. Hendrix reprit Ă  plusieurs reprises Sunshine Of Your Love de Cream (citant rĂ©gulièrement le solo de Clapton) et s'est peut-ĂŞtre inspirĂ© du feedback tel que Jeff Beck l'utilisait au sein des Yardbirds. Il utilise d'ailleurs le riff du Rice Pudding du Jeff Beck Group pour conclure l'une de ses compositions (In From The Storm). Enfin, il n'est pas exclu que Jimi Hendrix ait Ă©tĂ© influencĂ© par les prestations scĂ©niques des Who, dont Pete Townshend, le guitariste, utilisait des amplis Marshall avant lui.

Enfin, les dernières années de sa vie, Hendrix s'intéresse de plus en plus au jazz, jouant avec Roland Kirk, enregistrant avec Larry Young[63], John McLaughlin et Dave Holland[64], qui participèrent aux premiers enregistrements électriques de Miles Davis, avec lequel Hendrix commençait à entretenir certains rapports.[65] A la fin de sa vie, il avait prévu d'enregistrer avec Gil Evans.[17] À l'écoute de sa version de l'hymne américain ou de Machine Gun, il est difficile de ne pas faire le lien avec le free jazz et sa volonté de libérer l'improvisateur des contraintes harmoniques et rythmiques.

[modifier] Héritage

[modifier] L'œuvre

Jimi Hendrix n'a publiĂ© de son vivant que quatre albums (trois albums studio et un Live) : Are You Experienced, Axis: Bold As Love, Electric Ladyland et le Band Of Gypsys. Ces quatre albums sont des classiques de la musique rock. Mais il laisse derrière lui des centaines d'heures d'enregistrements, de natures très diverses : compositions sur lesquelles il travaillait dans la perspective de publier son quatrième album studio, Ă©bauches plus ou moins embryonnaires de compositions en devenir, dĂ©mos personnelles enregistrĂ©es chez lui, jams en studio ou en concert, concerts enregistrĂ©s professionnellement ou par des amateurs.

La qualitĂ© de ces enregistrements, tant musicale que technique, est tout Ă  fait variable. La discographie officielle[66] de Jimi Hendrix est particulièrement complexe, et très inĂ©gale : certains albums ont Ă©tĂ© publiĂ©s en dĂ©pit de toute considĂ©ration artistique.[67]

Outre les albums publiĂ©s de son vivant, on peut recommander les albums suivants, saluĂ©s majoritairement par la critique et les amateurs : The Cry Of Love (dont on retrouve l'intĂ©gralitĂ© du matĂ©riel sur First Rays Of The New Rising Sun), Rainbow Bridge - Original Motion Picture Sound Track et Jimi Hendrix :Blues pour les albums studio, Live At Monterey, les enregistrements consacrĂ©s au concert du Royal Albert Hall du 24 fĂ©vrier 1969, Live at Woodstock et Live At Berkeley pour les albums en concert.

Jimi Hendrix sur la 5e avenue
Jimi Hendrix sur la 5e avenue

[modifier] Un pas de géant pour la guitare électrique

« Je me revois attendant anxieusement de voir Jimi jouer de près car, pour l’avoir vu en concert, je pensais qu’il devait avoir un truc mystĂ©rieux construit dans sa guitare afin d’obtenir tous ces incroyables sons. J’ai vite dĂ©couvert qu’en fait, il n’utilisait qu’une vieille Strat et des amplis Marshall. Il avait quelques gadgets comme l’Univibe, la Fuzz Face et la Cry Baby, mais tous ces articles Ă©taient disponibles pour tous dans le commerce. La magie, Ă  vrai dire, provenait uniquement de ses doigts. Â»
    â€” Harvey Mandel, Hors SĂ©rie Guitare & Claviers 1990

Hendrix a rĂ©volutionnĂ© l'approche de la guitare Ă©lectrique, notamment par son utilisation des pĂ©dales d'effet et des ressources de l'amplification. Au dĂ©but de l'Experience, il combine la saturation des amplificateurs Ă  lampes (en jouant Ă  un haut volume sonore) avec la Fuzz Face, une pĂ©dale de saturation. Cela lui permettait de gĂ©nĂ©rer du feedback (dĂ» au larsen de ses amplificateurs) qu'il pouvait contrĂ´ler en temps rĂ©el grâce Ă  son levier de vibrato ou sa technique de main droite. Roger Mayer construira pour lui l'Octavia (une pĂ©dale de distorsion jouant sur les frĂ©quences) qu'il utilisera dès l'enregistrement de Purple Haze, puis avec le Band Of Gypsys. Hendrix est l'un des premiers Ă  utiliser la pĂ©dale wah-wah (en 1967). Il est selon Larry Coryell « le premier Ă  l'avoir abordĂ©e sĂ©rieusement et Ă  y avoir passĂ© des heures de pratique. Â» En concert, Hendrix n'utilisait toutefois qu'un nombre rĂ©duit d'effets, y compris en 1970 : une wah wah Vox, l'Octavia de Roger Mayer, la Fuzz Face Arbiter et l'Uni-Vibe. En studio, Hendrix Ă©largira sa palette de timbres avec l'aide de son ingĂ©nieur du son habituel, le Britannique Eddie Kramer, qui contribua Ă  l'Ă©laboration du phasing, mais aussi au fait de passer les bandes Ă  l'envers.

[modifier] L'impact sur ses contemporains

  • « Jimi m'a influencĂ©, comme il a, je pense, influencĂ© tous les guitaristes. Il Ă©tait rĂ©volutionnaire. Et, tandis que nous expĂ©rimentions tous dans les annĂ©es 60 avec le feedback et ces grands amplis, recherchant de nouvelles manières de jouer de la guitare Ă©lectrique, avec la Stratocaster et le Marshall, Jimi a tout mis en place. Je veux dire, il a… qu'il a mis tout le monde sur sa voie. Il a eu l'effet le plus profond, et durable, parce que l'effet de Jimi Hendrix sur les guitaristes est toujours lĂ  aujourd'hui. Â»[68] (John McLaughlin)
  • « Pourquoi Jimi Hendrix est-il toujours prĂ©sent ? Il Ă©tait si bon. Il ne faisait qu'un avec son instrument. Personne d'autre n'a amenĂ© la guitare Ă©lectrique Ă  ce niveau, et surtout depuis. Il Ă©tait Ă  des coudĂ©es au-dessus de tous. Il Ă©tait complètement parti. Si aquatique, dĂ©veloppant ces belles choses Ă  partir du feedback. Pour le dingue de guitare que je suis, il reprĂ©sentait le maximum. Â»[69] (Neil Young)
  • « Très peu de gens jouent vite et intensĂ©ment. La plupart jouent vite et vide. Mais Coltrane jouait vite et profond, tout comme Charlie Parker, et tout comme Jimi. Â» (Carlos Santana)
  • « Je reviens toujours Ă  la musique de Jimi et je ne finis pas d'y dĂ©couvrir de nouvelles possibilitĂ©s. Chaque fois que j'Ă©coute ses disques, j'y trouve quelque chose de nouveau. C'est Ă  ça qu'on reconnaĂ®t un grand compositeur. Â»[70] (Gil Evans)
  • « C'est le plus grand musicien que j'ai connu Â»[71] (BB King)
  • « Toutes les fois que j'ai vu Jimi jouer, c'Ă©tait la concrĂ©tisation de ce que j'aurai dĂ» ĂŞtre et que je n'Ă©tais pas. Â»[72] (Mike Bloomfield)
  • « S'il ne reste qu'un nom dans toute l'histoire du rock'n'roll dans cent ans, ne cherchez pas, ce sera forcĂ©ment Jimi Hendrix. Â»[73] (Pete Townshend)
  • « Ce que je trouvais stimulant chez lui, c’était son attitude intensĂ©ment autocritique envers sa musique. Il avait un don Ă©norme et une technique extraordinaire, comme quelqu’un qui passait ses journĂ©es entières Ă  jouer et Ă  s’entraĂ®ner, et pourtant il n’en semblait pas conscient. Â»[74] (Eric Clapton)
  • « La disparition de Jimi m'a bouleversĂ©. Il Ă©tait si jeune et avait un tel avenir. Â»[75] (Miles Davis)
  • « Hendrix est un des personnages les plus rĂ©volutionnaires de la culture pop, musicalement et sociologiquement parlant. Le public fĂ©minin trouve Hendrix beau (peut-ĂŞtre un peu Ă©pouvantable), mais en tout cas sexy. Le public masculin pense qu'il est un guitariste et un chanteur phĂ©nomĂ©nal. Les types semblent aimer le fait que leurs petites amies soient sexuellement attirĂ©es par Hendrix. Très peu sont froissĂ©s par son charme ou l'envient. Ils renoncent ou alors ils se payent une Fender Stratocaster, une pĂ©dale wah wah et quatre amplis Marshall. Â»[76] (Frank Zappa)

[modifier] La postérité du musicien

Le 9 septembre 1970[77], Eric Clapton enregistre avec Duane Allman une version de Little Wing, qui ne sera publiée qu'après la mort de Jimi Hendrix, sur Layla And Other Assorted Love Songs, l'album studio de Derek and the Dominos.

Par la suite, Hendrix sera repris par de nombreux musiciens dans des styles musicaux très diffĂ©rents :

  • Jazz par Jean Paul Bourelly, Gil Evans, le World Saxophone Quartet de David Murray, Jaco Pastorius, Marc Ribot, Marcus Miller, Larry Coryell, Hiram Bullock, Tuck & Patti ;
  • Blues par John Lee Hooker, Albert King, Buddy Guy, Roy Buchanan, Stevie Ray Vaughan, Taj Mahal, Popa Chubby, Alvin "Youngblood" Hart, Roben Ford, Lucky Peterson ;
  • Rock par Eric Clapton, Jeff Beck, Carlos Santana, Mick Taylor, Stevie Winwood, Gov't Mule, Allman Brothers Band, Frank Zappa, Red Hot Chili Peppers, The Cure, Ben Harper, Living Color, Rod Stewart, Mick Jagger, Sting, Spirit ;
  • Hard rock par Gary Moore, Frank Marino, Steve Vai, Joe Satriani, Deep Purple, Yngwie J. Malmsteen, Coroner ;
  • Funk par George Clinton, Bootsy Collins, Larry Graham, Prince ;
  • Rap par Body Count, Chuck D ;
  • Musiques du monde par Mad Sheer Khan, Band of Gnawa ;
  • Classique par le Kronos Quartet, Nigel Kennedy...

Il importe toutefois de ne pas se limiter aux seules reprises du guitariste. En effet, l’impact de Hendrix fut immĂ©diat et facile Ă  mesurer : il suffit d’écouter les albums publiĂ©s avant son arrivĂ©e Ă  Londres pour comprendre son influence sur la guitare Ă©lectrique. Les pirates de Cream montrent par exemple un Eric Clapton s’essayant sans succès aux techniques dĂ©veloppĂ©es par Hendrix.[78]

Un concert hommage à Hendrix fut organisé dans les années 90 avec les anciens membres de son groupe ainsi que Slash, jouant Hey Joe de manière plus blues.

Il est la principale influence de guitaristes comme Tommy Bolin et Robin Trower, qui s’inspirera même de son style de composition.[79]

Certains musiciens ont repris Ă  leur compte les apports musicaux de Jimi Hendrix tout en produisant une musique très personnelle. Frank Zappa reprendra Ă  son compte les techniques Ă©laborĂ©es par Hendrix sans jamais perdre sa personnalitĂ© musicale. Enfin, son influence sur la première pĂ©riode Ă©lectrique de Miles Davis est Ă©vidente sur certains de ses albums, oĂą l’ombre du guitariste plane par moments : A Tribute to Jack Johnson, et plus encore Agharta ou Pangaea.

[modifier] L'auteur

La libertĂ© est un thème qui traverse la plupart des premiers textes qu'il signe (Stone Free, 51st Anniversary, Highway Chile) : « Tous les jours de la semaine, je suis dans diffĂ©rentes villes. Si je reste trop longtemps, les gens essayent de me rabaisser. Â» (Stone Free)

La science-fiction est très prĂ©sente, que ce soit de façon humoristique : « Je suis en orbite autour de la troisième planète d’une Ă©toile connue sous le nom de Soleil, terminĂ©. Est-ce que ça pourrait ĂŞtre la Terre ? TerminĂ©. Affirmatif. Elle est connue pour hĂ©berger certaines formes d’espèces intelligentes, terminĂ©. Â» (Third Stone From The Sun), ou de façon nettement plus alarmante : « C'est la raison de mon angoisse, Ă  voir les Ă©toiles chamboulĂ©es, et cette odeur de monde carbonisĂ©. Â» (Up From The Skies).

On rencontre principalement deux types de femmes dans ses chansons. D'une part, les proies d'un prĂ©dateur sexuel (Foxy Lady, Little Miss Lover, Burning Desire) : « Yeah je vais t’emmener chez moi, je ne te ferai pas de mal, non ! Tu dois ĂŞtre entièrement mienne, entièrement mienne. Â» (Foxy Lady), et d'autre part des femmes Ă©thĂ©rĂ©es, pures et inaccessibles (May This Be Love, Little Wing, Angel, Drifting) : « A la dĂ©rive, sur une mer de larmes oubliĂ©es, sur un canot de sauvetage, voguant Ă  la recherche de ton amour. Â» (Drifing)

Certains de ses textes reflètent les prĂ©occupations de ses contemporains, concernant les rapports homme-femme par exemple : « Tu ferais mieux de prouver Ă  l’homme, que tu es aussi forte que lui, Car au regard de Dieu, vous ĂŞtes tous deux ses enfants. Â» (Message To Love) ou la drogue : les initiales du titre The Stars That Play With Laughing Sam's Dice ne font en effet guère de doute quant Ă  leur origine (STP avec LSD) alors que Spanish Castle Magic fait rĂ©fĂ©rence au dessin imprimĂ© sur les buvards d'acides[80]. Par la suite, il Ă©voquera toutefois les dangers de la seringue sur Freedom, un titre inspirĂ© par sa petite amie Devon Wilson[81], et plus largement de la dĂ©pendance : « Ne te dĂ©fonce pas trop, souviens-toi que tu es un homme. Â» (Earth Blues)

Ils peuvent aussi ĂŞtre autobiographiques. Castles Made of Sand met ainsi en scène les principaux membres de sa famille : « En bas de la rue, vous pouvez l'entendre crier "Tu me fais honte !", alors qu'elle claque la porte Ă  son visage d'ivrogne, et maintenant il reste dehors, et tous les voisins commencent Ă  commĂ©rer en le fixant. Â»

Ou Ă©voquer le rapport qu'il entretient avec son talent : « Les pumas m’ont trouvĂ© lĂ , et ils m’ont mis sur l’aile d’un aigle. Il m’a emmenĂ© au-delĂ  de la pĂ©riphĂ©rie de l’infini, et quand il m’a ramenĂ©, il m’a donnĂ© l’anneau de la sorcière de VĂ©nus. Â» (Voodoo Chile)

L'ouverture d'esprit : « Je vivais dans une pièce pleine de miroirs, oĂą je ne voyais rien d'autre que moi. Alors mon esprit a brisĂ© mes miroirs, maintenant le monde entier s'ouvre Ă  moi. Â» (Room Full of Mirrors)

La condition des AmĂ©rindiens, qu'il jugeait misĂ©rable : « Je ne vis pas aujourd’hui, demain peut-ĂŞtre, je ne peux pas te vraiment dire, bĂ©bĂ©. Mais, je ne vis pas aujourd’hui, c’est vraiment une honte de passer le temps ainsi. Â» (I Don’t Live Today)

Avec les mois, les thèmes deviennent plus graves. Il revient ainsi sur les Ă©meutes raciales du milieu des annĂ©es 1960 : « Debout sur le dos de mon cheval, j’ai criĂ© sans faiblir : Oh bĂ©bĂ©, pourquoi incendies-tu la maison de ton frère ? Â» (House Burning Down)

La guerre du ViĂŞt Nam, de façon onirique : « DĂ©cidons de faire une ultime promenade au milieu du vacarme jusqu’à la mer, non pour y mourir, mais pour y renaĂ®tre, loin des terres meurtries et dĂ©chirĂ©es. Â» (1983... (A Merman I Should Turn To Be)) ou nettement plus directe : « De la mĂŞme façon dont tu m’as abattu bĂ©bĂ©, tu disparaĂ®tras de la mĂŞme manière, triplant la douleur, et tu pourras t’en prendre Ă  toi-mĂŞme, bĂ©bĂ©. Mitrailleuse ! Â» (Machine Gun)

La solitude (Hear My Train a-Comin', Burning of the Midnight Lamp) : « Toute ma solitude que j’ai ressentie aujourd’hui, est plus qu’il n’en faut pour qu’un homme se foute en l’air. Â» (Burning of the Midnight Lamp)

L'avortement : « Car si vous ne voulez que je vienne cette fois-ci, je serai heureux de rejoindre la terre des Esprits. Â» (Belly Button Window)

Et mĂŞme la mort : « Mais si je ne te revois plus dans ce monde, alors je te retrouverai dans le prochain. Â» (Voodoo Child (Slight Return))

[modifier] Discographie

[modifier] Albums sortis de son vivant

[modifier] L'ère Michael Jeffery

[modifier] L'ère Alan Douglas

[modifier] L'ère Experience Hendrix LLC

[modifier] Dagger Records (pirates officiels)

[modifier] Le cas du Royal Albert Hall

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Jimi Hendrix.

[modifier] Filmographie

  • Experience (1968, rééditĂ© en 2001)
  • Jimi Plays Berkeley (1971, rééditĂ© en 2003)
  • Rainbow Bridge (1972) : Une première et longue partie Ă©trange oĂą de jeunes babas-cools tentent de philosopher (non sous-titrĂ©e !) et puis quelques extraits des deux concerts avec un son très moyen.
  • A Film About Jimi Hendrix (1973)