Star Trek

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Logo de la série télévisée Star Trek.

Star Trek est un univers de science-fiction, crĂ©Ă© par Gene Roddenberry, dans les annĂ©es 1960, qui regroupe six sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, douze longs mĂ©trages, des centaines de romans, de bandes dessinĂ©es et des dizaines de jeux vidĂ©o, ainsi qu’une fanfiction importante. Elle est, de maniĂšre plus prosaĂŻque, une franchise de tĂ©lĂ©vision et de cinĂ©ma appartenant Ă  Paramount Pictures, propriĂ©tĂ© de la compagnie CBS.

Dans l'univers Star Trek, l'humanitĂ© dĂ©veloppe le voyage spatial Ă  vitesse supraluminique, via un sub-espace artificiel, suite Ă  une pĂ©riode post-apocalyptique du milieu du XXIe siĂšcle (voir le Jour du Premier Contact). Plus tard, l'homme s'unit Ă  d'autres espĂšces intelligentes de la galaxie pour former la FĂ©dĂ©ration des planĂštes unies. À la suite d'une intervention extraterrestre, et grĂące Ă  la science, l'humanitĂ© surmonte largement ses nombreux vices et faiblesses terrestres, au XXIIIe siĂšcle. Les histoires de Star Trek dĂ©peignent souvent les aventures d'ĂȘtres humains et d'espĂšces extra-terrestres qui servent dans Starfleet, ainsi que les nombreux contacts de ceux-ci avec d'autres civilisations.

Les protagonistes, dont les idĂ©aux sont parfois imparfaitement appliquĂ©s aux dilemmes prĂ©sentĂ©s dans la sĂ©rie, sont essentiellement altruistes. Les conflits et les dimensions politiques de Star Trek forment des allĂ©gories pour des rĂ©alitĂ©s culturelles contemporaines ; la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e originale de Star Trek aborde les questions des annĂ©es 1960, tout comme, plus tard, des sĂ©ries dĂ©rivĂ©es ont reflĂ©tĂ© des questions de leurs Ă©poques respectives. Les problĂšmes soulevĂ©s dans les diffĂ©rentes sĂ©ries sont : la guerre et la paix, l'autoritarisme, l'impĂ©rialisme classique, la lutte des classes, l'eugĂ©nisme, la gĂ©opolitique, le racisme, les droits de l'homme, le sexisme, le fĂ©minisme et le rĂŽle de la technologie[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Terre, berceau de l'humanité et siÚge de Starfleet.

L'univers Star Trek dĂ©peint un futur optimiste, utopique, dans lequel l'humanitĂ© a Ă©radiquĂ© la maladie, le racisme, la pauvretĂ©, l'intolĂ©rance et la guerre sur Terre. Elle s'est Ă©galement unie Ă  d'autres espĂšces intelligentes de la galaxie. Les personnages explorent l'espace, Ă  la recherche de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations et s'aventurent « lĂ  oĂč aucun homme, lĂ  oĂč personne, n'est jamais allĂ© Â».

EmblĂšme de Starfleet.

Bien que la premiĂšre sĂ©rie n'ait pas rencontrĂ© un grand succĂšs lors de sa diffusion, il est apparu que cet univers suscitait beaucoup d'enthousiasme chez un public particulier de fans, les Trekkies ou Trekkers scolarisĂ©s. Ces amateurs inconditionnels ont fait le succĂšs des rediffusions et crĂ©Ă© un marchĂ© pour les sĂ©ries suivantes et autres films fondĂ©s sur le travail de Gene Roddenberry. Star Trek reste, au XXIe siĂšcle, un des divertissements de science-fiction les plus populaires de la tĂ©lĂ©vision.

Les histoires de Star Trek font partie intĂ©grante de la culture amĂ©ricaine. À la suite d'une opĂ©ration de lobbying des fans de la sĂ©rie, la NASA a acceptĂ© de nommer Enterprise le prototype de la navette spatiale.

Plusieurs Ă©pisodes de la premiĂšre sĂ©rie se fondent sur une confrontation entre une puissance supĂ©rieure, gĂ©nĂ©ralement une race extraterrestre avancĂ©e (possĂ©dant souvent de formidables pouvoirs mentaux), avec une technologie de pointe, et un ĂȘtre humain ayant acquis, dans des circonstances particuliĂšres, des pouvoirs inhabituels, parfois avec un dieu. Souvent, le but de la puissance en question est d'asservir (ou de dĂ©truire) le vaisseau et son Ă©quipage, mais tous deux sont sauvĂ©s par le capitaine James T. Kirk (James R. Kirk dans le premier Ă©pisode de la sĂ©rie, OĂč l'homme dĂ©passe l'homme), qui est interprĂ©tĂ© par l'acteur William Shatner. Un cas exceptionnel est l'Ă©pisode fameux des Tribbles qui, avec humour, fait entrevoir une autre sĂ©rie de thĂšmes possibles sur les divers points de vue des espĂšces ou sur l'environnement. Parfois le scĂ©nario est inversĂ©, et les entitĂ©s « supĂ©rieures Â» « moralisent Â» les humains (Arena, Les Arbitres du cosmos, L'Impasse). Certains Ă©pisodes font appel Ă  des scĂ©naristes rĂ©putĂ©s (par exemple Robert Bloch sur trois Ă©pisodes, dont celui concernant Jack l'Éventreur).

Il n'y a pas d'histoire se prolongeant tout le long de la série originale (contrairement à la série dérivée Deep Space Nine, ou, dans une moindre mesure, Voyager), chaque épisode formant une structure close, séparée des autres, le seul élément de continuité étant la distribution et certains ennemis récurrents comme les Klingons. Tous les épisodes sont au format 52 minutes, sauf l'épisode La Ménagerie, en 2 x 52 minutes, en raison de la réutilisation du premier pilote The Cage, qui fait référence à un couple (équipage, vaisseau) plus ancien.

Drapeau de la Fédération unie des planÚtes

La sociĂ©tĂ© utopique, la FĂ©dĂ©ration des planĂštes unies (FPU), dĂ©peinte dans Star Trek, se fonde sur une « Ă©conomie de l'abondance Â», autorisant un progrĂšs des sciences et des technologies. Cette abondance permet, aussi, Ă  chacun, de satisfaire presque tous ses besoins et dĂ©sirs. Le travail et le commerce ne sont pas nĂ©cessaires, l'argent n'existe plus. Les Ă©motions nĂ©gatives, comme l'avarice ou la jalousie, y sont quasiment inexistantes.

Roddenberry Ă©tait partisan d'une politique Ă©galitaire et a frĂ©quemment utilisĂ© les Ă©pisodes pour prĂ©senter sa vision d'une sociĂ©tĂ© utopique, basĂ©e sur ces principes. La sĂ©rie originale, par exemple, possĂšde un membre d'Ă©quipage fĂ©minin afro-amĂ©ricain : Nyota Uhura, rĂŽle interprĂ©tĂ© par l'actrice Nichelle Nichols, une des premiĂšres femmes afro-amĂ©ricaines Ă  tenir un rĂŽle principal Ă  la tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine. Il fait Ă©galement intervenir un personnage originaire de Russie - Pavel Chekov, interprĂ©tĂ© par Walter Koenig - et ce en pleine Guerre froide entre les États-Unis et l'Union SoviĂ©tique. Le premier officier vulcain M. Spock, jouĂ© par Leonard Nimoy, n'a pas eu, tout d'abord, les faveurs des cadres de la chaĂźne sous le prĂ©texte que son aspect vaguement satanique pouvait s'avĂ©rer trop inquiĂ©tant pour le public, mais M. Spock est devenu l'un des personnages les plus populaires de la sĂ©rie originale.

Pour illustrer cette vision idĂ©aliste, le premier pilote de la sĂ©rie, The Cage, a Ă©tĂ© refusĂ© parce que le commandant en second de l'Enterprise Ă©tait jouĂ© par une femme (Majel Barrett, alias Lwaxana Troi dans Star Trek : La Nouvelle GĂ©nĂ©ration), ce que la Paramount a jugĂ© « irrĂ©aliste Â».

De mĂȘme, pour faire accepter Ă  la Paramount l'actrice noire Nichelle Nichols, qui Ă©tait pourtant une artiste reconnue en Angleterre, Roddenberry a dĂ» recourir Ă  un chantage devenu classique : « She stays or I leave! Â» (« Elle reste ou je pars ! Â»). En outre, le baiser Ă©changĂ© entre celle-ci et le capitaine Kirk, dans l'Ă©pisode 3-10 (La Descendance), met alors en Ɠuvre un contrĂŽle mental, comme prĂ©texte pour briser ce tabou du premier baiser interracial de la tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine[2],[3],[4]. L'Ă©pisode fut diffusĂ© le 22 novembre 1968, alors que la sortie nationale du film Devine qui vient dĂźner ? datait dĂ©jĂ  cependant du 12 dĂ©cembre 1967. Un courrier impressionnant fut Ă  l'Ă©poque adressĂ© Ă  la Paramount qui craint mĂȘme, un moment, une fin de diffusion dans les États du Sud. Lors d'une rencontre particuliĂšre entre Nichelle Nichols et Martin Luther King, ce dernier dissuada l'actrice de quitter la sĂ©rie, arguant qu'elle reprĂ©sentait une icĂŽne importante pour les mouvements noir et fĂ©minin. Son personnage a Ă©tĂ© recrutĂ© uniquement pour ses capacitĂ©s, et sur aucun autre critĂšre Ă  bord de l'Enterprise[5].

Le vaisseau spatial Enterprise du capitaine Kirk, chargé d'une mission d'exploration interstellaire de cinq ans (réplique située dans la ville de Vulcan Alberta, Canada).

Presque dix années se sont écoulées entre la fin de la premiÚre série et le premier film de cinéma. Dans l'intervalle, de nombreux romans ont été publiés par des auteurs multiples. L'univers de Star Trek a survécu à une longue traversée audiovisuelle du désert, grùce à l'écriture. Il s'est également enrichi par le partage et le travail collectif. Sauvée une premiÚre fois par ses fans, maintenue et développée par une collectivité informelle d'auteurs, l'utopie de Star Trek se trouve autant dans sa naissance que dans son contenu.

En 1987, une nouvelle sĂ©rie est lancĂ©e, Star Trek : La Nouvelle GĂ©nĂ©ration (Star Trek: The Next Generation ou ST: TNG), comportant un nouvel Ă©quipage. Contrairement Ă  la sĂ©rie originelle, ST: TNG dĂ©crit un univers dans lequel la plupart des races rencontrĂ©es sont Ă©quivalentes, d'un point de vue technologique, et un nombre important d'Ă©pisodes n'est plus basĂ© sur le concept de « premier contact Â», mais sur de nouveaux arguments, tels que les paradoxes du voyage temporel, ainsi que les univers parallĂšles.

La Directive PremiĂšre (Prime Directive), qui contraint la FĂ©dĂ©ration Ă  ne pas interfĂ©rer dans l'Ă©volution des espĂšces moins Ă©voluĂ©es, prend plus d'importance dans cette sĂ©rie. Elle est l'occasion de cas de conscience, lorsque des espĂšces menacĂ©es de destruction ne devraient pas ĂȘtre assistĂ©es par respect de cette directive. Mais, souvent, l'existence de cette directive devient un prĂ©texte pour la contourner... Avec le dĂ©cĂšs de Roddenberry, en 1991, la technologie perd son cachet optimiste et prend un visage oppressif.

Enfin, cette sĂ©rie connaĂźt des liens historiques forts entre les Ă©pisodes, avec des objets ou des personnages qui apparaissent au cours de plusieurs Ă©pisodes (et mĂȘme provenant de saisons prĂ©cĂ©dentes), donnant Ă  la sĂ©rie une cohĂ©rence plus forte. Des personnages de la sĂ©rie originelle font aussi leur apparition.

Roddenberry continua Ă  ĂȘtre crĂ©ditĂ© en tant que producteur exĂ©cutif de ST : TNG, mĂȘme lorsque son influence diminua, alors que la sĂ©rie progressait. Avec l'arrivĂ©e du producteur Rick Berman, elle a lentement pris une nature plus basĂ©e sur les masques, en intĂ©grant de plus en plus des scĂšnes d'animation et des discours cryptĂ©s pour certaines audiences. Ceci est devenu plus apparent dans la majeure partie de la sĂ©rie suivante.

Star Trek Ă  l'Ă©cran[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinq sĂ©ries 
Une sĂ©rie d'animation 

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article dĂ©taillĂ© : Star Trek (sĂ©rie de films).
Films basĂ©s sur la sĂ©rie originale 
Film basĂ© sur la sĂ©rie originale et Star Trek : La Nouvelle GĂ©nĂ©ration 
Films basĂ© sur Star Trek : La Nouvelle GĂ©nĂ©ration 
Films basĂ©s sur l'univers de Star Trek et reprenant les personnages de la sĂ©rie originale mais bouleversant la chronologie 

Ligne temporelle des séries[modifier | modifier le code]

Article dĂ©taillĂ© : Chronologie de Star Trek.

Voici la chronologie « en-univers Star Trek Â» des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es. Elle permet de situer, dans le temps, les Ă©vĂ©nements s'y dĂ©roulant. On peut voir que les Ă©vĂ©nements de la sĂ©rie Enterprise se dĂ©roulent 100 ans avant la sĂ©rie Star Trek et que les autres sĂ©ries (TNG, DS9, VOY) se dĂ©roulent 100 ans aprĂšs.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La plus rĂ©cente sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Enterprise (ou Star Trek : Enterprise, Ă  partir de la troisiĂšme saison) a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e en 2004. Depuis, plus aucune sĂ©rie n'a Ă©tĂ© produite, Ă  l'exception de sĂ©ries amateurs, comme Star Trek: New Voyages (dĂ©sormais Star Trek Phase II), dans laquelle des artisans de la franchise font des apparitions[7].

Un onziÚme long-métrage, reboot et relancement de la franchise, intitulé simplement Star Trek, est sorti le 6 mai 2009, et met en vedette Chris Pine, dans le rÎle du jeune James T. Kirk, et Zachary Quinto, dans le rÎle d'un jeune Spock. Leonard Nimoy accepta de participer au film et de reprendre son rÎle de Spock. Grùce à son scénario utilisant le voyage temporel, le film est à la fois un nouveau départ et une suite de la franchise. Le retour dans le passé du Spock incarné par Leonard Nimoy permet en effet de créer une nouvelle temporalité, une sorte de monde parallÚle, sans remettre en cause les évÚnements racontés dans les précédent films et séries.

Un MMORPG, intitulĂ© sobrement Star Trek Online, est Ă©galement sorti le 5 fĂ©vrier 2010, en France, et le 2 aux États-Unis. L'histoire se dĂ©roule en 2409, et poursuit donc l'exploitation de l'univers Star Trek. De nombreux clins d'Ɠil, envers les diffĂ©rentes sĂ©ries Star Trek, y attendent les joueurs fins connaisseurs de cet univers.

Romans[modifier | modifier le code]

Article dĂ©taillĂ© : Liste des romans de Star Trek.

L'univers Star Trek est aussi une série de romans, s'inscrivant dans tous les univers des différentes séries. Suite au succÚs éditorial de la série Star Trek: New Frontier par l'écrivain Peter David (qui présente les aventures de l'USS Excalibur, un équipage original jamais apparu dans une série ou un film Star Trek), d'autres romans se basant sur l'univers Trek en général, sans s'appuyer sur une série en particulier, ont été publiés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑ « PrĂ©sente dans la structure mĂȘme de Star Trek, l'ambiguĂŻtĂ© entre une vision utopiste de la nature humaine et le besoin de traiter les rĂ©alitĂ©s politiques contemporaines n'est jamais vraiment rĂ©solu. Toute tentative d'intervenir de façon positive dans les situations rencontrĂ©es par L'Enterprise renvoie Ă  des parallĂšles, avec des problĂšmes actuels (le racisme, la Guerre Froide, la guerre du Vietnam), qui minent les prĂ©tentions utopiques de la sĂ©rie. Â» David Buxton, De « Bonanza Â» Ă  « Miami Vice Â». Formes et idĂ©ologie dans les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, Éditions de l'Espace EuropĂ©en 1991, p. 66, (ISBN 2-7388-0127-7).
  2. ↑ (en) « Shattered TV Taboos: How Bea Arthur and Others Broke Barriers Â», sur TVGuide.com,‎ 4 avril 2009 (consultĂ© le 25 octobre 2013)
  3. ↑ (en) « After 40 Years, Star Trek 'Won't Die' Â», sur Space.com (consultĂ© le 25 octobre 2013)
  4. ↑ (en) Christian Höhne Sparborth, « Nichols Talks First Inter-Racial Kiss Â», sur TrekToday,‎ 5 septembre 2001 (consultĂ© le 25 octobre 2013)
  5. ↑ DVD Ă©dition spĂ©ciale de Star Trek VI, interview personnelle de Nichelle Nichols
  6. ↑ Star Trek III (2016) sur AlloCinĂ©
  7. ↑ Star Trek: New Voyages sur imdb.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Hanley, La MĂ©taphysique de Star Trek, Bayard Culture, octobre 1998, (ISBN 2-2271-3762-2)
  • Lawrence Krauss, La Physique de Star Trek, Bayard, coll. « Essais Â», 1998, (ISBN 978-2-2271-3751-6) (Ouvrage rĂ©putĂ© sur la science de Star Trek mais dont la traduction, Ă  cause des termes techniques spĂ©cifiques Ă  l'univers de Star Trek, rend la comprĂ©hension difficile.)
  • William Shatner, Chris Kreski, Star Trek : Les MĂ©moires, Lefrancq, 1993

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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